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Oliba était le fils du comte de Cerdagne Oliba Cabreta. Il naquit probablement en 971 au château familial de Corneilla-de-Conflent. Lors du partage des terres que son père gouvernait, Oliba reçut les comtés de Berga et de Ripoll mais en 1002, renonçant aux fonctions comtales, il entra au monastère de Ripoll. Là, il put profiter de l’une des meilleures bibliothèques d’Occident, fréquentée avant lui par Gerbert d’Aurillac, pape sous le nom de Sylvestre II (999-1003), « l’homme le plus savant de son temps ». En 1008, Oliba fut élu abbé de Ripoll et, la même année, les moines de Cuixà le choisirent aussi pour abbé. Il gouverna également quelque temps (de 1009 à 1014) l’abbaye de Saint-Martin du Canigou fondée par son frère, le comte Guifred de Cerdagne qui s’y retira plus tard comme moine. En dépit de ses charges abbatiales, Oliba se rendit deux fois à Rome, en 1011 et 1016. En 1017, il fut élu évêque de Vic-Ausona. Désormais, sans négliger les monastères dont il resta l’abbé, ses activités s’élargirent. On le vit arbitrer des conflits entre les familles comtales dont il était issu. Il construisit ou consacra une douzaine d’églises, dont l’abbatiale de Ripoll et la cathédrale de Vic. On peut aussi considérer Oliba comme l’un des promoteurs du nouvel art roman en Catalogne. Mais son action qui eut sans doute le plus grand retentissement, fut l’instauration de la Trêve de Dieu dans le diocèse d’Elne, qu’il administrait temporairement autour de 1020. Les statuts de cette Trêve furent solennellement renouvelés à Toulouges, le 16 mai 1027. Ils décrétaient « l’interdiction absolue de tout acte de guerre durant les 24 heures dominicales », sous peine d’excommunication. La Trêve fut portée à trois jours dans le diocèse de Vic. Bientôt elle fut adoptée partout dans le Midi et le concile de Nice l’allongea à quatre jours. Un autre concile provincial, tenu à Narbonne en 1054, ajouta aux quatre jours de trêve de nombreuses périodes du calendrier liturgique – Avent, Carême… – ainsi que de nombreuses fêtes. En très peu de temps, l’idée lancée par Oliba fit son chemin et l’interdiction de guerre fut portée à 319 jours par an. Le consentement des autorités civiles fit de la Trêve de Dieu une loi dans les comtés catalans. Enfin, les conciles œcuméniques de Latran de 1139 et 1179 étendirent cette institution à toute l’Europe. La Trêve de Dieu ne fut pas toujours appliquée scrupuleusement mais elle contribua grandement à diminuer les conflits en Europe et à faire avancer l’idée du respect d’autrui, notamment en ce qui concernait les plus démunis, souvent les premières victimes des guerres. Oliba a également laissé une importante œuvre littéraire, composée d’un grand nombre de poèmes en latin, d’une douzaine de lettres authentifiées et d’une quinzaine d’autres écrits que l’on peut lui attribuer. Il fut aussi l’animateur des scriptoria de Ripoll et de Cuixà d’où sortit un nombre considérable de manuscrits. Oliba mourut à Saint-Michel de Cuixà le 30 octobre 1046 « au milieu de ses moines éplorés » écrit l’Anonyme de Cuixà. Il y fut enterré mais sa sépulture n’a pu être localisée.