Mon compte  |  Voir panier  |  Commander   
Accueil du site > Lettre d’information > L’Écho des Sites n°7

L’Écho des Sites n°7

jeudi 15 mai 2008

L’Écho des Sites est la lettre mensuelle d’informations, adressée à tous les visiteurs du site internet de MSM, qui s’y abonnent. Elle traite des découvertes récentes, mais aussi des manifestations, relatives aux domaines de la Science, de l’Histoire, de l’Art, de l’Archéologie, de la Paléontologie, traités dans nos ouvrages et dans nos DVD. Nos clients sites (musées, châteaux, abbayes, grottes…) peuvent demander d’y insérer des annonces (par exemple d’événements ou expositions qu’ils organisent) ou des informations les concernant.

Le pendu-dépendu

C’était en 1090, raconte le Codex Calixtinus, et, après lui, La Légende dorée de Jacques de Voragine. Un Allemand et son fils, partis en pèlerinage à Compostelle, s’arrêtèrent dans une auberge à Toulouse. Mais là leur hôte, homme cupide et retors, les enivra, et, profitant de leur lourd sommeil, dissimula insidieusement une coupe d’argent dans leurs bagages. Au matin, ils s’étaient mis en route comme à l’accoutumée, quand, poursuivis par l’hôtelier qui les accusait haut et fort, sommés d’ouvrir leur malle, ils furent surpris d’y découvrir la coupe. Traînés en justice, le juge confisqua leurs biens au profit de l’hôtelier et condamna l’un deux à la pendaison, leur laissant cruellement à choisir qui aurait la vie sauve. Comme ni le père ne voulait voir mourir son fils, et ni le fils, son père, le fils fut finalement pendu. Désespéré, le père n’en demeura pas moins fidèle à son vœu et se rendit jusqu’à la tombe de l’apôtre Jacques, puissant thaumaturge par la grâce divine. Et quand, vingt-six jours plus tard, sur le chemin du retour, inconsolable et pleurant de douleur, il s’arrêta auprès du gibet de son fils, quelle ne fut pas sa joie d’entendre celui qu’il croyait à jamais perdu le consoler en disant : « Très doux père, ne pleure pas ; car je n’ai jamais été aussi bien ; jusqu’à ce jour saint Jacques m’a sustenté, et il me restaure d’une douceur céleste. » Ce sur quoi, courant à la ville, le père y annonça le miracle, et le fils fut détaché. Quant à l’hôtelier, contraint d’avouer sa traîtrise, justice fut faite et il fut pendu. Telle est, dans sa forme première, l’histoire du miracle du pendu-dépendu, qui connut une gloire sans précédent auprès des jacquets. Au fil du temps, le miracle se transposa outre Pyrénées et s’enrichit de nouvelles péripéties, contées sur les vitraux, les peintures et les sculptures des églises, mises en scène par maintes confréries aux xve et xvie siècles, et rapportées, dans leurs écrits de voyage, par les jacquets que furent le seigneur Nompart II de Caumont, en 1417, le curé de Bologne, Domenico Laffi, en 1670, ou le tailleur picard, Guillaume Manier, en 1726. Dans la version la plus répandue du miracle, les pèlerins sont trois, le père, la mère, et le fils. Parvenus à Santo Domingo de la Calzada, ils trouvent refuge à l’auberge du bourg, dont la servante, nouvelle Putiphar, tente de séduire le jeune homme qui repousse ses avances. De dépit, elle s’introduit nuitamment dans la chambre de la famille endormie et glisse la coupe fatale dans la besace du fils. Accusé, ce dernier est pendu haut et court. Dolents, les parents s’en vont à Compostelle, mais au retour, miracle, leur fils est vivant ! Ils courent annoncer la nouvelle au magistrat ; ce dernier, qui s’apprêtait à dîner d’un coq et d’une poule rôtis, leur réplique qu’il daignerait les croire si les appétissants gallinacés se mettaient à chanter. Et sitôt dit, coq et poule s’envolent du brasier où ils étaient en train de cuire, faisant entendre leur chant ! Le fils fut donc détaché et la concupiscente servante, pendue.

Le miracle du pendu-dépendu
Le miracle du pendu-dépendu